VILLEPINTE - TREMBLAY.
Renforts policiers après une série de coups de feu
Le ton s'est durci ces derniers jours entre les quartiers des deux villes voisines pour une raison que personne n'arrive encore à expliquer.
DES CRS et des policiers départementaux sont depuis quelques jours appelés en renfort dans les communes de Villepinte et de Tremblay. La délinquance a beau être en baisse depuis un an (environ 17
%), ces deux villes voisines restent le théâtre ponctuel de rivalités que personne aujourd'hui n'est en mesure d'expliquer. Depuis une huitaine de jours, le ton s'est durci.
Ce sont de vraies balles qui ont sifflé.
Le premier acte majeur s'est joué dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 septembre, cours de la République (anciennement Lénine) devant les Délices de Tremblay , sandwicherie où se regroupent fréquemment des Tremblaysiens. Une dizaine d'hommes encagoulés et armés ont débarqué, tirant à plusieurs reprises sur le commerce qui allait fermer. La direction de l'établissement a déploré le vol de la caisse. « Quand on veut braquer, on ne tire pas tous azimuts de l'extérieur », souligne avec un brin de scepticisme un proche de l'affaire. Un employé et un client ont été blessés par les projectiles, qui semblent avoir été tirés par un gomme-cogne.
Pas de blessé
Deux nuits plus tard, des tirs s'abattaient sur l'immeuble Poitou, dans le quartier de la Fontaine-Mallet à Villepinte, vraisemblablement émis par un homme embarqué dans une voiture. Pas de blessé. Le lendemain, un automobiliste a été pris à partie par des personnes qui le croyait originaire de la Fontaine-Mallet. On a tiré sur son pare-brise. « C'est un peu comme le sketch d'Elie et Dieudonné sur Villetaneuse, où l'un est persuadé que l'autre est de Villetaneuse et ça se finit par un coup de tête », compare un observateur.
Rien ne permet aujourd'hui de dire que toutes ces affaires sont liées. Pour autant, la multiplication de ces tirs par arme à feu sur un territoire délimité, à Villepinte et Tremblay, pousse à la plus grande vigilance des élus et de la police. La sûreté départementale centralise les enquêtes. « C'est toujours bien plus difficile quand on ne connaît pas l'origine d'un différend », note un policier. Quand on n'a pas de témoignages non plus.
Pour tenter d'éviter que les troubles à l'ordre public ne se répètent et dégénèrent, des renforts policiers arpentent le secteur, en tenue ou en civil. Lundi, les CRS ont trouvé lors d'un contrôle routier deux cartouches de fusil de chasse dans la voiture d'un automobiliste.
Mardi à 18 heures, à Tremblay, la BAC (brigade anticriminalité) a contrôlé une voiture où se trouvaient trois hommes gantés. A bord ont été découverts un manche de marteau et une clé à cliquer.